Monsieur Lazhar, sortie le 5 septembre

Un film écrit et réalisé par Philippe Falardeau, d’après la pièce  d’Evelyne de la Chenelière avec Fellag, Sophie Nélisse et Emillien Néron.

Synopsis:
A Montréal, une enseignante disparait brutalement et se fait remplacer par défaut par Bachir Lazhar, un immigré algérien. Celui-ci découvre ses élèves et s’y attachent, en dépit du fossé culturel. Alors que les élèves se lancent dans un processus de guérison, M. Lazhar préserve un secret douloureux de son passé, et risque de se faire expulser du pays.

Mon avis:
Cette adaptation de la pièce d’Evelyne de la Chenelière, Bashir Lazhar, a tout pour séduire. Le film est nommé à plusieurs festivals, dont le Festival de Locarno où il remporte le prix du public, remportant aussi six prix lors de la 32ème Cérémonie des Génie, ou encore une nomination pour le meilleur film étranger aux Oscars 2012. Le début du film est saisissant: dans l’environnement scolaire où jouent innocemment les enfants, un évènement tragique vient interrompre cette insouciance de l’enfant. Un garçon et son amie sont particulièrement marqués par la disparition d’un être qu’ils voyaient au quotidien.

De nombreux sujets humains sont évoqués dans ce film, notamment, le traumatisme de la mort. M. Lazhar et les élèves partagent cette expérience de la mort soudaine et c’est ce qui les rapproche, en partie. Ensuite à travers les déboires de ce professeur algérien avec les parents d’élèves qui exigent qu’on enseigne à leur enfant, et non pas qu’on l’éduque et ces parents qui refusent l’autorité du professeur, affirmant au contraire que l’enfant n’a rien à se reprocher, nous retrouvons la question de l’éducation et ses limites. Les parents et le système scolaire enferment les enfants dans un cocon protecteur, les rendant incapables d’exprimer leur sentiment sur cet événement traumatisant. M. Lazhar avec son ouverture arrive à faire parler les élèves en classe: chose formellement interdite par les parents et la proviseur. M. Lazhar avec son approche différente de l’éducation et de la vie incarne tout au long du film le statut de l’étranger et évoque la difficulté de l’exil. Ce professeur toujours accompagné de sa tasse de thé subi comme tout étranger des idées reçues à son égard. Il y a toutefois une certaine différence dans ce film canadien avec ce qu’on aurait pu trouver en France, par exemple. Dans cette école de Montréal, le multiculturalisme s’y profile, une fille voilée apparaît dans la cour de l’école, sans que personne ne s’y offusque, on fait malgré tout confiance à M. Lazhar qui est même apprécié des autres professeurs et accueilli comme exilé au Canada, après preuve de sa condition. Il incarne cet Autre, qui vient d’un pays colonisé, l’Algérie, et se retrouve dans un autre pays qui a connu la colonisation.

Comme ses élèves, on s’attache à ce personnage de M. Lazhar qui porte un lourd secret et souffre toujours de cet exil et de la perte des êtres chers. Le film peut être d’une violence inouïe par moments, mais quelques touches d’humour ainsi que le fabuleux jeu des enfants le rendent agréable. Alors, ce film vous tente?

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