Loin de la foule déchaînée (titre original Far from the Madding Crowd), sortie le 3 juin 2015

Affiche critique Loin de la foule dechainee

Un film de Thomas Vinterberg, d’après le chef-d’œuvre de Thomas Hardy avec Carey Mulligan, Matthias Schoenaerts, Michael Sheen, Tom Sturridge, Juno Temple, Jessica Barden.

Bande-annonce:

Synopsis:
« Angleterre, fin du 19e siècle. Bathsheba Everdene dirige d’une main de maître la ferme léguée par son oncle. Elle entend bien s’assumer seule, déterminée à se marier par amour plutôt que par convention. Sa force, son indépendance et sa beauté séduisent le noble et honnête berger Gabriel Oak, le riche propriétaire terrien William Boldwood et le séduisant et effronté Sergent Troy. »

Mon avis:
Trop peu de films adaptent selon moi des classiques de la littérature dans un but non pédagogique. Cette adaptation du roman Far from the Madding Crowd de Thomas Hardy de 1874, est plutôt réussie; même si la fin est prévisible, la voie qui y mène ne l’est pas nécessairement, et l’histoire est mise en scène de manière poétique. Il ne s’agit pas d’une simple d’histoire d’amour, qui pourrait se rapporter à la tragicomédie, mais plutôt d’un récit proche de ceux de Jane Austen, proche des romans de formation, avec un personnage féminin en proie à un conflit intérieur. Si l’histoire peut sembler peu contemporaine, elle reste néanmoins captivante par la protagoniste et ce portrait d’une société où la place de la femme est souvent entravée par de nombreuses frontières imposées par la société elle-même.

La simplicité du récit contraste avec la complexité des personnages. Bathsheba Everdene (incarnée par Carey Mulligan, qu’on a vu dans The Great Gatsby), une jeune orpheline habite avec sa tante en campagne, où elle fait la connaissance de Gabriel Oak (joué par Matthias Schoenaerts, vu dans un rôle poignant dans De rouille et d’os), un fermier consciencieux. Attirant tous les regards, Bathsheba sera courtisée par trois hommes, M.Oak, mais aussi un jeune soldat Troy et son nouveau riche voisin, après avoir hérité de la ferme de son oncle, M. Boldwood. Véritable récit de formation, nous suivons les étapes qui mènent à une libération de Bathsheba qui se dit déjà indépendante. Lorsqu’elle tente de demander de l’aide et des conseils à M. Oak par exemple, ce dernier lui demande de faire ce qui lui semble juste, sans tenter de l’influencer, ou de lui imposer son choix, contrairement à d’autres.

Attention spoiler (cliquez pour ouvrir)

Affiche critique Loin de la foule dechainee nature

Le film arrive à conserver l’essence du roman naturaliste, avec cette harmonie avec la nature (le film a été tourné en décors naturels), bienveillante et destructrice à la fois, représentative des sentiments puissants ressentis par les personnages, comme l’orage annonciateur lors du mariage. Roman pastoral, le film incarne cependant un désir d’indépendance au sein du personnage de Bathsheba, impressionnante par sa modernité à une époque où les femmes devaient être passives, où elles ne pouvaient labourer les champs pour ensuite changer d’habits et s’occuper des finances. Ayant eu une véritable indépendance financière, Bathsheba a l’intention de contrôler la ferme d’une main de fer, d’une double autorité en tant que femme, pour se faire respecter. Si le film n’est pas original, étant fidèle au roman, les personnages sont toutefois bien exploités par les acteurs et la mise en scène, qui s’éloigne de l’atmosphère lugubre de l’époque victorienne.

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D’ailleurs, cette période est souvent représentée par des costumes sombres et strictes. Carey Mulligan a un certain je-ne-sais-quoi du passé, comme dans The Great Gastbsy, même si dans ce film, ces costumes sont très éloignés des plumes et des paillettes de Gatsby. Or, elle incarne une modernité pour l’époque, passant de tenues de travail à des tenues plus élégantes aisément. De même, on s’éloigne des tenues sobres, avec des éléments toujours présents dans la mode actuellement: le fameux chapeau de paille, la dentelle noire, ou le style bohémien avec chemise brodée (à la manière de Valentino). Le cuir est omniprésent malgré son évolution de statut et donc dans ses tenues, symbole de son indépendance. Carey Mulligan est véritablement séduisante dans son rôle de femme en proie à des doutes: refusant la bienveillance de M.Oak, voulant être indépendante, fuyant l’amour de M.Boldwood, mais attirée par la sécurité financière qu’il peut lui apporter, rejetant la frivolité de M.Troy, mais attirée par sa fougue, se montrant vulnérable à la passion; le personnage est à la fois faible et puissant. Je vous invite à regarder le film en VO, et à écouter la BO (sur Spotify, par exemple).

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