La Belle et la Bête, sortie le 12 février

La Belle et la Bete affiche C.Gans

Un film de Christophe Gans avec Vincent Cassel, Léa Seydoux, avec la participation de André Dussollier, Eduardo Noriega, Myriam Charleins, Audrey Lamy, Sara Giraudeau, Jonathan Demurger, Nicolas Gob, Louka Meliava et Yvonne Catterfeld.

Bande-annonce:

Synopsis:
« 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce.
Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie. 
Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine. Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux. Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son coeur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour. »

Mon avis:
La Belle et la Bête est certainement le conte qui m’a le plus marqué étant petite, et bien sûr je parle de l’impression que m’a laissé le dessin animé de Disney. Un amour qui naît entre une fille si belle, et une bête censée être repoussante, ça changeait des contes classiques avec le prince charmant! Avec le film La Belle et La Bête, le célèbre réalisateur, Christophe Gans, revient 13 ans après Le Pacte des Loups avec Vincent Cassel, aux côtés de la jolie Léa Seydoux.

Le conte de La Belle et La Bête est ancré dans la culture française, étant écrite par Madame de Villeneuve, et mis en scène dans le film de Cocteau (1946). Mais si le spectateur commence à comparer, on se rend compte rapidement que le film de Christophe Gans s’éloigne de la version de Cocteau, pour se rapprocher du conte de Madame de Villeneuve. Il ne s’agit pas d’une inspiration d’un conte – comme on peut le retrouver dans des adaptations américaines, avec Blanche Neige et le Chasseur par exemple, où le film s’inspire d’un personnage pour créer une histoire bien éloignée du conte – mais bien d’une adaptations, avec quelques nuances pour accorder plus d’importance à Belle, par exemple. Ainsi, dans le film de Christophe Gans, la découverte des autres personnes (le père, les soeurs et frères) est plus élaborée, et on accompagne Belle dans sa découverte des origines de la malédiction du Prince.

Belle et ses soeurs La Belle et La Bete

La Belle et la Bête est un film qui vous séduira d’abord par le décor, et cela va peut-être vous surprendre, mais le film a été tourné entièrement en studio, sur fond vert en ayant recours aux effets numériques. Seulement quelques scènes ont été tournées avec des accessoires, et tout a été rajouté en post-production, jusqu’à l’herbe! Ce magnifique travail de 600 infographistes donne lieu à une mise en scène poétique et graphiquement parfaite, et des jeux de couleurs et d’ombres. On est ainsi plongé dans un univers marqué par la mythologie gréco-latine, une période lointaine qui se rapproche de la Renaissance, un espace-temps imaginaire. Les décors ont aussi été dessinés, et on retrouve cette esthétique de la peinture dans le film. Les paysages semblent si réels, et pourtant tout est réalisé sur fond vert. Le film nous permet de rêver de ce monde, d’un port majestueux, de campagne bucolique, de forêt menaçante. Le château est un personnage à part entière dans le film, dévoilant des secrets, et comme le Prince il est changeant, resplendissant dans le passé, et transformé, recouvert du rosier, après la malédiction. C’est vraiment admirable de voir un film français aussi bien réussi graphiquement.

Decor La Belle et la Bete

Le coeur de l’histoire est toutefois le personnage de Belle, joué par Léa Seydoux. Elle incarne parfaitement cette jeune fille inexpérimentée, mais non conventionnelle à la fois. Par sa beauté et son innocence, elle s’oppose à la Bête, incarnée par Vincent Cassel, qui se présente comme une créature qui suscite la peur, mais aussi le respect. La Bête lutte sans cesse entre cette animalité qui la ronge et son humanité présente, mais devenue lointaine au fil du temps. Il est vraiment dommage que la romance est délaissée dans le film. Pourtant c’est bien ce qui me fascinait dans ce conte: la possibilité de dépasser le physique de la Bête afin de découvrir sa personnalité, et les premiers émois entre Belle et le Bête. Ici, le retournement de situation est brutal, même si Belle n’a jamais réellement été repoussée par la Bête. Le mode de narration, avec une voix-off n’a rien d’original non plus, et la fin est plus que prévisible. La présentation des soeurs est aussi caricaturale (avec Audrey Lamy jouant une des soeurs), mais renforce la qualité du personnage de Belle.

Details Vincent Cassel La Belle et la Bete

Malgré ces manques au niveau de la mise en scène des sentiments et un manque de rythme, on comprend dès les premières rencontres de Belle et la Bête lors du dîner – qui se résument un peu à des rencontres conventionnelles, non motivées par les sentiments, et sans aucun lien entre elles – que la Bête peut être effrayante, mais attirante à la fois. La Bête de Christophe Gans est créé à partir d’un vrai masque, et non une création numérique, qui a été scanné pour être ensuite superposé sur les images de la Bête. C’est donc une belle bête, avec des yeux bleus, une voix grave, et un aspect sauvage qui attire irrésistiblement Belle. Je terminerai cette critique par une excellente mention des costumes, qui sont magnifiques, les robes de Belle sont volumineuses et émerveilleront toutes les petites filles (et les grandes comme moi). Le décor qui accompagne les robes est tout aussi soigné, et accentue la dimension féerique omniprésente dans le film. Christophe Gans, que j’ai eu la chance de rencontrer à la fin de la projection, dit qu’il souhaitait réaliser un film pour tous, de tous les âges, et c’est certainement un film qui plaira aux petits et aux grands, nous transportant dans un monde ancré dans l’ancient avec une touche de modernité, et un imaginaire sublime où le passé et le rêve s’entremêlent à la féerie.

Decor La Belle et La Bete 1



Cinéma / musique, Loisirs | 12 commentaires

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12 commentaires pour “[Critique] La Belle et la Bête

  1. Miss-OB

    Je n’ai pas vu le film et ne suis généralement pas fan de ce genre d’adaptation mais ta critique attise ma curiosité. Je vais peut-être me laisser tenter finalement ! D’autant que j’adore le dessin-animé !

    Répondre

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