Premier site français à être classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1979, et attirant plus de trois millions de visiteurs chaque année, le Mont Saint-Michel est un lieu qui fascine depuis des siècles.

Je partage avec vous le récit de ma première visite dans ce lieu mythique, de Paris au Mont Saint-Michel, et des petits conseils.

Le Mont Saint-Michel au loin:

Le trajet et l’accès:
Nous avons fait la route de Paris, ça a duré 3h40 (sans les pauses). Vous pouvez aussi y accéder de la gare SNCF de Pontorson et prendre ensuite une navette (2€) ou de Rennes. L’accès au site a été modifié depuis quelque peu, et on ne peut s’y approcher en voiture. L’espace a été réaménagé avec un immense parking, il faut ensuite marcher 10min jusqu’au barrage, et prendre la navette Le Passeur, qui est gratuite. Pour les courageux, on peut y accéder à pied, le long des sentiers.

Le Mont Saint-Michel vu du barrage:

Le village:
On y accède par une petite porche qui donne sur un pont levis, et les petites rues nous transportent immédiatement dans un autre monde:

De nombreux snacks ou restaurants sont disposés dans la rue menant au sommet, les prix sont corrects. Par contre attention, la carte affichée n’est pas toujours juste. On voulait manger dans une crêperie, et dans trois restaurants, il n’y avait pas toute la gamme de galettes/crêpes proposées, mais seulement deux sortes, avec formule imposée. Grosse arnaque donc, car on s’installe dans le restaurant, et on nous annonce qu’on ne peut nous servir de crêpes. Ici, la galette nordique:

L’abbaye du Mont-Saint-Michel:
On ne s’est pas attardé davantage dans les rues, car il faut savoir qu’il existe des musées dans le village, qui sont payantes et proposent surtout des animations multimédias. Il ne faut surtout pas hésiter à arpenter les escaliers pour monter jusqu’à l’abbaye.

L’arrivée à l’abbaye:

Histoire de l’abbaye:
C’est en 708 que commence ce récit, quand l’évêque d’Avranches, Aubert, atteste avoir eu une révélation de l’Archange Saint-Michel, lui ordonnant de construire un sanctuaire en son honneur, ce qu’il fit. Un haut lieu de pèlerinage, qui fascine par son hauteur, s’élevant dans les cieux, atteignant le divin, et entouré de mer, le Mont attire rapidement les pieux. Les bénédictins s’y installent au 10e siècle, et le village s’accroît jusqu’au pied du rocher au 14e. Le Mont fut la cible de nombreuses attaques, mais résiste aux assauts anglais, ce qui contribue à la légende d’un lieu indestructible, car protégé par l’Archange. Malheureusement, l’abbaye fut exposée à des incendies et guerres, et la construction et restaurations ont été nombreuses. Après la révolution française et jusqu’en 1863, elle a été transformée en prison et le lieu a été considérablement dégradé. En 1874, l’abbaye devient monument historique et les travaux ont été continus.

La visite de l’abbaye:
On entre dans la salle des billets, qui était anciennement l’aumônerie. L’entrée coûte 9€ (plein tarif), gratuit pour les moins de 18 ans, et pour les 18-25 résidant en Europe (sur présentation d’un justificatif). La visite conférence coute 13€. (week-end et vacances scolaires). Le prix de l’entrée inclut une visite commentée (d’environ 1h15) et il ne faut pas s’en priver!

L’abbaye est construite sur trois niveaux. Au niveau inférieur, on franchi la salle des gardes:

On accède ensuite à la terrasse au niveau supérieur, où se situe le parvis primitif de l’église abbatiale et les travées de la nef détruites au 18e par un incendie. On a une vue magnifique de la baie, du rocher de Cancale, de la Bretagne, et des falaises normandes:

On entre enfin dans l’abbaye avec sa sublime nef dont la charpente est recouverte de lames de bois:

Chaque bras est différent, ce qui fait la particularité de l’abbaye. Celle-ci étant construite à différentes époques, et les moines adaptaient la décoration selon la mode. Ainsi, le choeur roman a été reconstruit en style gothique flamboyant:

Un des bras est en roman:

Et l’autre en gothique:

On poursuit par le cloître, situé au troisième étage du bâtiment appelé la Merveille, qui donne sur une galerie couverte, ouvrant sur un jardin ouvert. Le jardin date en réalité de 1965, et la galerie était en fait un lieu de circulation permettant l’accès aux différentes pièces de la merveille: le réfectoire, la cuisine, le dortoir, la salle des Chevaliers…

Les galeries charpentées du cloître étaient autrefois décorées, en bleu nuit, parsemé d’étoiles dorées.

Jardin à ciel ouvert:

Colonnettes en calcaire disposées en décalage pour un effet visuel de continuité; la plupart sont restaurées, il en existe quelques unes d’origine:

Les décorations détaillées étaient autrefois peints, on voit ici un peu de turquoise:

On passe ensuite dans le réfectoire, où les moines prenaient leur repas dans le silence, écoutant l’un d’eux faisant la lecture de la chair. C’est une salle magnifique qui illustre bien l’atmosphère recherchée du lieu. Les moines vivaient en réclusion, loin du monde humain, et en constante relation avec le divin. Les repas se prenaient donc en silence et rapidement dans une pièce construite pour un écho parfait pour la lecture de textes sacrés. Quand on rentre dans la salle, on ne voit aucune fenêtre;, on a cette impression de clôture, essentielle à la condition des moines.

Au fur et à mesure qu’on avance dans la pièce, on se rend compte que de nombreuses fenêtres existent pour baigner la pièce d’une lumière douce, mais elles sont cachées par les colonnes.

Sculpture représentant l’Archange apparaissant en rêve à l’évêque:

On passe à l’étage intermédiaire, avec la salle des hôtes, située sous le réfectoire, lieu destiné à recevoir des rois et des nobles.

La visite se poursuit par la crypte des gros piliers, qui soutient tout le choeur gothique de l’abbaye, construit au 15e après l’effondrement du choeur roman en 1421. La crypte était aussi un lieu de circulation.

La crypte Saint-Martin, sert de fondation au bras sud, et elle est conservée comme elle était achevée en 1050:

La grande roue, installée en 1820 pour les prisonniers:

Cette roue est en réalité installée dans un ancien ossuaire des moines. On accède en effet à côté à la chapelle Saint-Etienne, où une fresque dépeint des squelettes:

On devrait normalement visiter la crypte Notre-Dame-des-trente-Cierges, mais cette visite est incluse dans la visite commentée. On passe ensuite par le promenoir des moines où l’on a mené les premières expériences de voûtes gothiques sur croisées d’ogives. Ici ce sont les piliers qui supportent le poids et non les ogives, qui sont décoratives, mais l’idée est bien là.
On repasse par la Merveille, avec la salle des Chevaliers, qui est lumineuse, salle de travail et d’étude des moines, qui recopiaient des manuscrits :

On sort par l’aumônerie, et on longe le bâtiment de la Merveille:

On n’oublie pas d’admirer la sculpture en plâtre de Saint Michel, commandée en 1895, qui est le modèle original de la statue de cuivre placée au sommet de la flèche en haut de l’abbaye. Il est souvent représenté avec une épée et une balance, Saint Michel étant celui qui conduit les morts et pèse les âmes le jour du jugement dernier.

Sur les trois millions de visiteurs, seulement 1,2 millions arrivent jusqu’à l’abbaye. Pourtant, malgré la beauté du village, l’abbaye est magnifique et mérite une visite. Alors, ça vous tente? Dites-moi si vous y êtes déjà allés.

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Loisirs, Voyage/ balades | 14 commentaires

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14 commentaires pour “Une journée au Mont Saint-Michel

  1. clerc estelle

    Genial aicha de nous faire decouvrir le mont saint michel ainsi que sont histoire que je ne connaissais pas, merci et continue ton blog que je trouve fort bien . bises.

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  2. Jean-Yves DESREAC

    Bonjour! Bravo pour ce reportage … dommage que vous n’ayez pas eu le temps de compléter votre visite par une découverte de la Baie. Le Mt-St-Michel est une merveille mais il lui faut un écrin pour briller et la Baie est cet écrin, que ce soit du côté normand mais aussi du côté breton (Dol de Bretagne, Le vivier sur Mer, Cherrueix puis Canacle, pays des moules de bouchots et des huîtres). J’engage tous vos lecteurs qui ont envie de venir sur notre Territoire de la Baie à prendre contact avec l’Office de Tourisme de la Baie (02 99 48 15 37), ils y trouveront bo nombre de conseils pour passer un agréable séjour en Baie du Mt-St-michel!

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  4. Agatheb2k

    😆 j’ai eu la chance d’y passer un week-end merveilleux en 2007, il n’y avait pas le barrage et nous avions fait la traversée de la baie jusqu’au rocher Tombelaine et retour avec un guide naturaliste, un bon souvenir… Par contre les repas corrects n’étaient pas au Mont 😉

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  5. mazurek emmanuelle

    bonjour,

    j’ai lu attentivement votre blog qui est riche en détaille , en image vraiment votre connaissance sur le sujet et accessible a tout le monde ( même a mes petits bouts) je cherche a me rendre au mont st michel le 16 aout pour visité l’abbaye a14h par la navette le passeur pouvait vous me donnez un peu plus de détail s’il vous plais je ne suis pas du coin et j’ai peur de faire de bêtisse pour le parking ect… tout renseignement de votre part sera d’une grande aide
    emmanuelle du 62

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