Sinister, sortie le 7 novembre 2012

Un film écrit et réalisé par Scott Derrickson, co-écrit par C. Robert Cargill, avec Ethan Hawke, Juliet Rylance, Fred Dalton Thompson, James Ransone, Michael Hall d’Addarion, Clare Foley.

Bande annonce:

Synopsis:
Ellison est un auteur de romans policiers, inspirés de faits réels, qui emménage dans une nouvelle maison avec sa famille dans le but d’enquêter sur la pendaison des anciens propriétaires et la disparition d’un des enfants, une jeune fille. Il découvre dans le grenier des bobines de films 8mm, des films de famille amateurs qui dévoilent les meurtres de plusieurs autres familles. Ainsi commence la longue traversée cauchemardesque, qui plonge Ellison et sa famille dans un environnement marqué par des horreurs surnaturelles.

Mon avis:
Sinister, du producteur d’Insiduous et Paranormal Activity et surtout du réalisateur Scott Derrickson (L’Exorcisme d’Emily Rose, Le Jour où la terre s’arrêta) est un film à petit budget mais qui a attiré en un week-end 18 millions de spectateurs lors de sa sortie aux Etats-Unis.

Je n’aime pas les films d’horreur, et pourtant ce qui me gêne ce n’est pas le sang à profusion ou les scènes violentes. Sinister qui est considéré comme un film d’horreur, fait partie de ces films qui arrivent plutôt à créer un sentiment de peur et qui joue sur le psychique. Et ça, c’est perturbant.

Le début du film est saisissant et commence par une vidéo, qui semble être réalisée par un amateur, démontrant quatre personnes suspendus à un arbre, la corde au cou, gesticulant, et soudain une branche s’agite et soulève les personnages, qui sont pendus. C’est là que commence l’angoisse.

Ellison s’enferme dans son bureau pour visionner les « Home movies »(films familiaux). Contrairement à d’autres personnages de films d’horreur qui se retrouvent malgré eux dans des endroits sinistres, ici Ellison, l’écrivain à la recherche de sa gloire passée, emménage délibérément dans un lieu marqué par un événement tragique. Le personnage d’Ellison est incarné avec brio par Ethan Hawke, comme il représente cet homme qu’on déteste, par ses actes et sa personnalité, mais auquel on s’intéresse néanmoins et qui nous intrigue par son désir de découverte. Son épouse, calme et compréhensive, s’oppose à ce personnage inquiet et calculateur, qui essaye de noyer sa peur dans l’alcool.

Par ailleurs, la mise en abyme avec les films de famille Super 8, qu’Ellison regarde, et que nous regardons par dessus son épaule provoque une situation intéressante. Le spectateur observe un autre spectateur qui regarde lui même une vidéo filmée par quelqu’un d’autre et à partir d’écrans interposés, nous ressentons les peurs du personnage.  L’horreur vient de l’idée que le mal a été imprimé sur le film lui-même et il y a une réelle réflexion sur la nature du film (et du cinéma) et l’effet provoqué.

La confusion accapare le personnage d’Ellison mais aussi le spectateur, qui plisse les yeux pour voir si c’est bien une figure qu’on a aperçue ou notre imagination qui nous joue des tours. Un des aspects les plus intéressants du film est la manière dont la peur est incarnée. Cette peur se situe sur plusieurs niveaux (voir l’interview) : peur de l’inconnue, peur des crimes que l’on voit, peur des événements surnaturels dans la maison, peur de son propre enfant, peur de perdre son statut, peur de ne pas être reconnu comme un être important.

Scott Derrickson maîtrise son art, avec cette mise en scène dans la pénombre. Curieusement, l’humour est aussi présent. Pour être plus précise, on ne rigole pas, mais certaines scènes sont plus légères que d’autres (en tant que comic relief)- comme quant Ellison essaye d’éviter les questions de sa femme avec des réponses équivoques, « We didn’t move a few doors down from a crime scene again, did we? »(Nous n’avons pas emménagé à quelques pas d’une scène de crime de nouveau, si?) demande-t-elle au début alors que son mari l’assure que non, oubliant de préciser que c’est le lieu même d’un crime- alors que le sentiment de crainte est omniprésent, même en pleine journée, et c’est surtout un humour noir, comme avec l’usage des titres sur chaque bobine de film, qui désigne un moment positif qui est ensuite transformé avec des images cruelles – Par exemple la bobine sur la pendaison s’intitule Family Hanging Out ’11 (Pendaison de crémaillère 2011), et je vous laisse imaginer ce que peuvent présager BBQ ’79 ou Pool Party ’66. La musique, par Christopher Young, est hybride, on y retrouve des styles variés qui surgissent surtout lors du visionnage des films et qui installent instantanément un sentiment de crainte. L’issue du film est assez prévisible au bout d’un moment, et je vous laisse la découvrir.

Le réalisateur arrive à provoquer cette atmosphère inquiétante qui nous accompagne du début jusqu’à la fin, un film qui crée un réel sentiment d’angoisse. Sinister est un film sombre, perturbant et même dur à regarder, par moments, et en même temps il y a un réel travail sur les personnages et les dialogues, réalisé avec une réelle passion pour les films d’horreur. Un excellent film à voir.

En outre, j’ai eu la chance de rencontrer le réalisateur de Sinister, Scott Derrickson lui-même à Paris. J’ai essayé de lui poser quelques questions et j’étais toute intimidée (On ne me voit pas dans la vidéo car je suis juste en face de lui). Je vous laisse donc découvrir cette interview qui donne davantage de détails sur sa vision du film :

Alors qu’en pensez-vous? Irez-vous voir ce film? En tous cas moi ça me met bien dans l’ambiance pour Halloween!



Cinéma / musique, Loisirs | 4 commentaires

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4 commentaires pour “[Critique] Sinister et interview avec le réalisateur, Scott Derrickson

  1. Sweety

    Woaw! Je ne sais pas du tout comment tu t’y es prise pour avoir un rdv avec lui pour une interview mais en tous cas: CHAPEAU BAS! C’est excellent et j’espere un jour te voir sur TF1 ou M6! 😉 Bises!!
    Sweety

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