Marguerite & Julien, sortie le 2 décembre 2015

Critique blog cinema film Marguerite & Julien

Un film de Valérie Donzelli avec Anaïs Demoustier et Jérémie Elkaïm.

Bande-annonce :

Synopsis :
« Julien et Marguerite de Ravalet, fils et fille du seigneur de Tourlaville, s’aiment d’un amour tendre depuis leur enfance. Mais en grandissant, leur tendresse se mue en passion dévorante. Leur aventure scandalise la société qui les pourchasse. Incapables de résister à leurs sentiments, ils doivent fuir… »

Mon avis:

Vivement critiqué lors du dernier festival de Cannes, Marguerite & Julien surprend d’emblée par le cadre narratif. Adapté d’un scénario de Jean Gruault, qui l’avait écrit pour François Truffaut, l’histoire trouve sa source dans un fait divers. Le récit est donc conté par une jeune fille, dans un orphelinat, et il devient difficile de dissocier le vrai du faux, même s’il ne s’agit paradoxalement que d’une fiction. Au lieu de relater des faits historiques, c’est une légende qui nous est présentée dans ce drame, où il n’y a pas de volonté de faire l’apologie de l’inceste, mais plutôt de laisser les personnages s’exprimer librement, tels qu’ils le sont. Au final, il pourrait s’agit d’un amour impossible quelconque.

Critique blog cinema film Marguerite & Julien 1

C’est là où Marguerite et Julien peut séduire. Cet amour incestueux se transforme en un amour interdit, alors qu’il s’agira surtout de l’adultère qui sera condamné et non l’inceste. Jérémie Elkaïm incarne un Julien intense, essayant de fuir ses pulsions, réfléchi mais ne pouvant que céder alors qu’Anaïs Demoustier incarne une Marguerite plus instinctive et naïve. La relation est innocente au début, basée sur un lien puissant qui lie une soeur et un frère mais elle se transforme en des sentiments incontrôlables, en une relation innocente et bestiale à la fois. Au final, cette histoire racontée aux petites filles, n’est pas vraiment destinée aux enfants, et le cadre narratif dérange alors un peu.

Critique blog cinema film Marguerite & Julien 2

Avec une mise en abyme, un conte, une légende, des pages qui se tournent et un manque de repères temporels, le film étant atemporel (et non intemporel), sans inscription dans une époque donnée, ou au contraire avec des époques qui se mélangent, des objets ou technologies d’époques différentes, on obtient finalement un beau capharnaüm. Valérie Donelli, rencontrée lors de la projection du film, explique qu’elle a voulu créer un passé inventé, sans repères, à l’image de cet amour qui n’existe pas et pour un effet d’étrangeté. Toutefois, à force, cela dérange. S’attardant sur les sens, sur la peau, le souffle, sur un romantisme exacerbé, le film est beau visuellement, mais les arrêts sur images, des scènes immobiles comme dans une comédie musicale et une mise en scène presque théâtrale, offre un trop grand mélange des genres. De même, si la première partie peut séduire le public, car c’est la lutte contre cet amour qui est intéressant, la deuxième partie semble sans intérêt et le film est alors trop long, avec des moments sur la fuite et la réalisation d’un amour qui se vit. De l’inceste, on passe même au morbide à la fin, malgré le lyrisme persistant et la compassion qu’on pourrait éprouver pour Marguerite et Julien.

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