[Interview] Michel Leclerc et Félix Moati pour Télé Gaucho

télé gaucho affiche [Interview] Michel Leclerc et Félix Moati pour Télé Gaucho

Je vous parlais du film Télé Gaucho il y a quelque temps, et la semaine dernière, j’ai eu l’occasion de rencontrer le réalisateur de Télé Gaucho, Michel Leclerc et l’acteur principal Félix Moati. Cette rencontre, que je vous livre en vidéo ci-dessous, a permis à mes deux interlocuteurs de donner leur avis personnel sur le film et permet peut-être de répondre à certaines questions que vous pourrez vous poser. Ma critique est ici, et le film sort ce mercredi 12 décembre. Télé Gaucho, est-il un film qui vous tente?

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[Critique] Télé Gaucho

Télé Gaucho, sortie le 12 décembre 2012
télé gaucho affiche [Critique] Télé GauchoUn film de Michel Leclerc avec Félix Moati, Eric Elmosnino, Sara Forestier, Maïwenn, Emmanuelle Béart…

Bande-annonce:

Synopsis:
Le film débute avec cette réflexion sur le cinéma, sur les caméscopes qui prennent la place des caméras. Plus petit, plus facile à utiliser, le caméscope permet à tous de filmer. Nous retrouvons ainsi un groupe formé de Jean-Lou, Yasmina, Victor, Clara, Adonis et bien d’autres qui ont pour ambition de filmer et faire de la mise en scène pour leur chaîne de télé, mais surtout pour changer le monde. Cette chaîne de télé, c’est Télé Gaucho, le produit de ce groupe qui se veut provocateur et qui s’oppose aux chaînes commerciales. Ainsi commence une aventure de cinq ans d’expériences diverses, de manifestations, et tentatives de diffusion illégale de leur chaîne, de longues soirées de visionnage de leurs exploits où se mêlent l’alcool, la musique, la chanson, les amours.

Mon avis:
Le film s’inspire directement de l’expérience du réalisateur Michel Leclerc -connu pour son film Le Nom des gens- à Télé Bocal, une chaîne de télé associative à laquelle il a participé entre 1995 et 2000. D’ailleurs, on se demande si certains moments dans le film ne sont pas réels, et en effet, le réalisateur qui avait déjà réalisé à partir d’archives personnelles un court métrage sur le sujet qui avait donné Le Poteau rose, a été encouragé par le succès qui en découle à puiser dans son univers personnel pour ses films. Victor, le personnage principal incarné par Félix Moati, réalisera aussi à la fin que sa vie personnelle est une immense source d’inspiration.

Tele Gaucho 5 Felix Moati Eric Elmosnino et Maiwenn copyright Michael Crotto [Critique] Télé Gaucho

Le thème principal c’est bien cette expérience de groupe, et Victor gère mal sa relation à ce groupe, auquel il désire tant appartenir et auquel il se détache simultanément. Victor découvre dans ce récit la télé, et le film met en avant certaines rubriques de Télé Bocal comme « Avant, moi je croyais » ou « Les objets qui nous font chier ». La première rubrique est en réalité une vraie rubrique que Michel Leclerc réalisait pour Télé Bocal. D’ailleurs, le réalisateur se compare personnellement au personnage, Victor, qu’il considère plus « pur » que lui, car ce dernier refuse que l’on achète ses idées. Il y a dans le film une réelle réflexion sur la notion de création. Ce statut d’auteur ne peut être assumé dans ce milieu gauchiste à Télé Bocal. On revient à cette notion de groupe qui veut que tout travail soit attribué à un collectif. D’ailleurs, Victor sera constamment critiqué par le groupe car il a idées personnelles, et il n’est pas le seul. Le personnage d’Etienne, qui critique lui-même Victor, est aussi un exemple de ce paradoxe, incarnant celui qui se sent complètement gauchiste, mais qui ne l’est pas totalement en cachant le fait qu’il vient d’une famille bourgeoise à Auteuil.

Le groupe, c’est un ensemble de personnages complètement déjantés. Parfois, tout le monde parle et crie en même temps, ce qui provoque un vrai chaos, comme la nature de tout ce qu’ils vont entreprendre. Jean-Lou (Eric Elmosnino) est le meneur du groupe, celui qui encourage les autres, mais aussi celui qui fait tout échouer. Yasmina (Maïwenn) est quand à elle totalement engagée dans ce groupe, excessivement, puisque pour elle Télé Gaucho est le moyen de transmettre des idées fondamentales aux gens. Ces deux personnages forment un couple explosif. Le personnage de Clara (Sara Forestier) est probablement celui qui suscite le plus d’interrogations. On n’arrive pas à la cerner, même si dès le départ, on perçoit que cette fille qui pose comme morte sur les cadres du magasin de pompes funèbres, n’agit pas normalement. Elle ne fait pas la différence entre la fiction et la réalité à un tel point qu’on ne sait pas si elle fait semblant ou pas. Son personnage peut susciter un comique de situation, mais elle provoque aussi un sentiment d’incompréhension et d’inquiétude.

Tele Gaucho1 Felix Moati et Sara Forestier copyright Michael Crotto [Critique] Télé Gaucho

Si c’est bien l’histoire d’un groupe qui est illustré dans Télé Gaucho, le personnage de Victor s’en détache. On découvre le film à travers ce jeune homme qui quitte le foyer familial pour découvrir la vie dans la capitale et la liberté (qu’il exprime souvent à travers la nudité). Il découvre surtout le monde des médias, apprend à mieux cerner ses ambitions et connaît l’amour et le désenchantement; c’est un récit de son apprentissage qui nous est proposé. En contraste avec ce groupe, Victor est le personnage auquel le spectateur s’accroche car il représente d’une certaine manière l’individu « normal », et c’est aussi dû à cet aspect qu’il ne s’intègre jamais totalement au groupe. Il se retrouve surtout dans une situation complexe où il doit choisir entre Télé Gaucho et une chaîne commerciale qui lui permet de voir un autre aspect de la télé. La question cruciale qui se pose c’est de savoir s’il doit abandonner son ambition pour conserver ses convictions. D’un côté, on a ce groupe qui croit fermement en leurs idéaux mais avec des personnages qui sont complètement loufoques et irresponsables, et d’un autre on a le personnage de Patricia Gabriel (Emmanuelle Béart) qui incarne la réussite mais qui avoue ne pas faire ce qu’elle souhaite de sa vie.

4 Tele Gaucho copyright Michael Crotto [Critique] Télé Gaucho

Si on a l’impression que c’est un film engagé, mettant en avant le travail des militants, ceux-ci sont par moments tellement excessifs par leurs actes que finalement le film ne prône pas de morale. Par ailleurs, la présentation du récit peut surprendre, car il n’y a pas d’intrigue, le film suit simplement le cours des événements dans ce milieu libertaire gauchiste. Certains enregistrements sont réels (comme la manifestation des sans-papiers), d’autres ont été tournés incognito lors de vraies manifestations (comme la Gay Pride), et on découvre ainsi ces rubriques en même temps que la réaction du public réuni dans ce quartier du 20ème arrondissement, devant lequel sont diffusés les enregistrements le soir. Télé Gaucho rappelle l’ambiance des années 70, donnant l’impression d’un monde lointain, sauf que ce n’est plus la politique qui est l’ennemi à abattre, mais le pouvoir de la télé commerciale. C’est un film drôle, avec des personnages paradoxaux, teinté de mélancolie. Que pensez-vous de cette critique de Télé Gaucho? Ce film vous tente-t-il?

Tele Gaucho2 Felix Moati et Sara Forestier copyright Michael Crotto [Critique] Télé Gaucho

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[Critique DVD] Bel Ami

Bel Ami, sortie DVD le 6 novembre 2012

BEL AMI 120 HD rvb [Critique DVD] Bel Ami

Un film de Declan Donnellan et Nick Ormerod, avec Robert Pattinson, Uma Thurman, Kristin Scott-Thomas, Christina Ricci…

Bande-annonce:

Synopsis:
Nous faisons la rencontre de Georges Duroy à la fin du 19e siècle à Paris. Un jeune homme obsédé par l’idée de grimper les échelles de la société. Il passe ainsi de bars populaires aux maisons et salons luxueux. Son secret: son charme et son talent à manipuler les autres, passant ainsi d’une prostituée aux femmes mariées influentes de la capitale. Georges Duroy fait donc son entrée dans ce monde marqué par la conquête du pouvoir, disputé par les politiciens et les médias, et où le sexe devient un instrument de manipulation.

Mon avis:
Bel Ami est le premier film de ce duo de réalisateurs, habitué au théâtre, et c’était un pari audacieux d’adapter ce roman de Maupassant avec Robert Pattinson dans le rôle du personnage principal. En réalité, l’histoire est menée par son rôle uniquement, le personnage essayant de tirer les ficelles, et de contrôler les autres. On est évidemment surpris par le jeu de Robert Pattinson qui se lance dans un nouveau genre. Je ne saurais vous dire s’il réussit dans ce rôle complètement. Par contre, je peux vous dire qu’il incarne superbement ce personnage de mauvais garçon, et d’ailleurs c’est surprenant de le voir dans un rôle où l’anti-héros réussit à la fin.

BelAmi 21 [Critique DVD] Bel Ami

Le personnage de Georges Duroy, c’est donc l’histoire d’un ancien militaire, qui arrive à Paris avec de grandes ambitions, pensant faire fortune. Il découvre une faille dans le système pour atteindre son but rapidement, et sans rien faire, car le pire c’est bien que le personnage ne possède aucun talent, outre celui de séduire les femmes. Un récit sarcastique sur ce fils de pauvre, qui ne veut pas retrouver le labeur de la terre, du moins c’est l’excuse qu’il donne, car si Robert Pattinson est très séduisant, on ne peut s’empêcher de se sentir révolter contre son caractère. Son unique talent sera la séduction auprès de ces femmes influentes qui l’aident à réussir, alors qu’il se cache derrière un travail d’écriture qui n’est pas le sien. Les autres personnages masculins sont manipulateurs et assez méprisables également. Ils incarnent le mépris de Maupassant pour la société contemporaine, la manipulation des médias, les complots, le gouvernement qui tente d’envahir un pays arabe.

BelAmi 01 [Critique DVD] Bel Ami

Madeleine Forestier, incarnée avec brio par Uma Thurman est au contraire une femme intelligente et influente et veut être considérée comme l’égale de l’homme; c’est elle qui révèle le secret de l’ascension tant désirée à Georges, et c’est surtout elle le véritable talent intellectuel qui se cache derrière le métier de Georges. Deux autres femmes sont centrales dans le film, Mme. Rousset (Kristin Scott Thomas) qui est quant à elle une épouse fidèle et aimante envers son mari et qui devient la malheureuse victime des manipulations de Georges. La troisième femme c’est Clothilde de Marelle (Christina Ricci), dont le caractère diffère de celui de Madeleine, qui séduit Georges et devient celle qui le soutient à tous moments. Les femmes en contrepoint apparaissent comme des personnages dotés d’intelligence, mais incapables de l’exprimer. Georges Duroy devient alors le lieu de leur pouvoir, sans que les femmes prennent conscience d’être manipulées. Je vous conseille bien évidemment ce film en version originale, et des bonus figurent sur le DVD, avec une interview exclusive avec Robert Pattinson et avec les réalisateurs.

Pour finir, une petite remarque sur les détails dans le film et les costumes, illustrant la vie parisienne de cette fin de siècle. Les femmes sont toujours très élégantes, les hommes sont chics mais sobres, alors que les femmes rayonnent et les costumes illustrent aussi le parcours vestimentaire de Bel Ami dont l’habit change et devient plus bourgeois, avec un col haut et un maintient rigide du corps.

BelAmi 05 [Critique DVD] Bel Ami

Si dans le roman, l’apprentissage du personnage s’inscrit en parallèle d’une critique de la société, le film montre peut-être une vision de cette société corrompue par la soif du pouvoir et l’argent, mais il me semble qu’on ne s’attarde pas suffisamment sur cette noirceur dans la société. De même, le personnage de Georges Duroy n’évolue pas au fil du récit. Sa seule motivation c’est l’argent et le pouvoir et il y a alors la réitération d’un schéma de séduction. Le film s’attarde longuement sur le sexe, qui est bien l’instrument de manipulation, et si on ressent un sentiment d’insatisfaction à l’issue du film, on se rend compte que c’est ce qui fait la force de l’histoire, grâce à ce personnage qui ne se repent jamais. Avez-vous vu ce film, ou avez-vous l’intention de le voir?

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Aujourd’hui, je vous montre en photos ma soirée d’Halloween. Cette année, on avait décidé de se déguiser selon les personnages de Dark Shadows (critique du film ici), avec chéri dans le rôle de Barnabas Collins (Johnny Depp) et moi en tant qu’Angélique Bouchard (Eva Green). Faute de temps et de moyens, je n’ai pu parfaire mon déguisement (j’ai simplement choisi une robe rouge, de chez Asos). Pour le maquillage, je voulais foncer un peu plus sur le teint avec des fards gris, mais ça ne se voit pas sur ma peau foncée et le manque de lumière. Je vous laisse toutefois avec ces quelques photos- la décoration est assez simple et DIY- et je reviens vite avec un post gourmand sur la soirée.

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